Un mois après le séisme, l’effort continue en Haïti

People waiting for food distributions at 5.30 am in the Champs de Mars area of downtown Port-au-Prince. The distribution was being carried out by Caritas Haiti and partners for displaced people living in the shadow of the city's decimated Presidential Palace. Credit: Conor O'Loughlin/Caritas

Mathilde Magnier, Secours Catholique

A quelques jours de l’anniversaire du premier mois du tremblement de terre qui a décimé Haïti en janvier dernier, le gouvernement haïtien a publié des chiffres alarmants sur l’ampleur de la catastrophe dans le pays. Si l’on compte aujourd’hui plus de 230 000 morts, le bilan devrait augmenter rapidement dans les jours à venir, les décombres commençant seulement à être dégagés. A l’heure actuelle, on recense 300.000 personnes soignées pour blessures, 250.000 maisons détruites et 30.000 commerces perturbés.

Le prix des biens de consommation est de plus en plus élevé et les services arrivent à saturation. Le secteur le plus touché : celui de la santé, avec l’arrivée en masse de victimes du séisme grièvement blessées.

Dans Port-au-Prince, environ 502.000 personnes sont toujours sans-abri. Ces dernières sont réparties sur 322 camps différents.

La réponse, une des plus importantes au monde depuis des années, est constamment adaptée aux évolutions du contexte et de l’environnement.

Dans la plupart des camps, l’assainissement et le contrôle des maladies contagieuses deviennent la préoccupation majeure. Mais si de plus en plus d’enfants souffrent de diarrhée dans les installations temporaires, on ne recense, pour l’heure, aucune épidémie. La campagne de vaccination contre la rougeole, la diphtérie, la rubéole, le tétanos et la coqueluche continue et se concentre prioritairement sur les personnes vivant dans les campements temporaires, très densément peuplés.

La situation de ceux qui ne vivent pas dans les camps de déplacés est tout aussi complexe. Les survivants peinent à trouver un abri, on rapporte même que certaines habitations contiennent jusqu’à 38 personnes. Une situation insoutenable, qui présente toutes sortes de problèmes à résoudre.

Avant le séisme, Haïti était déjà un pays d’une extrême pauvreté. Depuis la catastrophe, le
prix des produits alimentaires a flambé à Port-au-Prince et ses alentours. Les trois quarts de la population Haïtienne vivant déjà sous le seuil de pauvreté, ils sont aujourd’hui des millions à lutter pour avoir accès aux denrées alimentaires de première nécessité.

Pour faciliter les efforts de reconstruction et permettre l’accueil des sans-abri, près de cinq millions et demi de tonnes de gravas doivent être dégagés de Port-au-Prince, selon les estimations. Quelque 32.000 personnes ont été recrutées via le programme de l’ONU « Cash for Work » pour aider à dégager les décombres et éliminer les débris dans les campements qui ont été installés depuis un mois. Dans ces programmes, les mères célibataires, les familles monoparentales et les autres individus affectés par le tremblement de terre ont été ciblés comme bénéficiaires.

Depuis le 12 janvier, plus de 1.000 amputations ont eu lieu et plus de 50 personnes ont été paralysées à la suite de lésions de la moelle épinière. Bien que les amputés et les patients atteints de blessures graves aient besoin de soins et de suivi médical, la plupart sont actuellement renvoyés dans leurs communautés ou dans les campements temporaires. Une dynamique problématique car aucun des ces lieux ne dispose des soins de base indispensables pour éviter les complications. Bien qu’il y ait une diminution des traumatismes nécessitant un traitement, le nombre de cas d’enfants atteints de maladies diarrhéiques est en augmentation. Les efforts sont donc concentrés sur les besoins grandissants en services d’eau et assainissement dans les camps surpeuplés.

À ce jour, le réseau Caritas a fourni des vivres à plus de 200.000 personnes dans le camp de Pétionville Club – le plus important de la ville -, situé au centre de Port-au-Prince, et à Tabarre. La population continue de se déplacer, c’est pourquoi Caritas procède à l’évaluation de nouveaux sites, en dehors de la capitale. En partenariat avec le Ministère de la Santé, Caritas travaille également sur une nouvelle campagne de santé publique, centrée sur la lutte contre les maladies contagieuses, mais aussi les maladies ordinaires qui pourraient affecter toute population de cette taille.

Les différentes Caritas présentes se sont engagées à fournir 400 toilettes mobiles, qui seront installées dans le camp du Champ de Mars, dans le centre de Port-au-Prince. Dans les trois sites, les équipes creusent des fosses septiques, mettent en place des latrines de base, des douches ainsi qu’un système de drainage. Les systèmes d’eau continuent d’être améliorés.

Entre vendredi et dimanche, les équipes ont distribué 3.000 kits d’abris d’urgence (bâches en plastique, clous, ficelle pour monter les tentes) qui devraient couvrir les besoins de 18.000 personnes au Club de Pétionville. En dépit des rumeurs, les distributions de Caritas se sont passées dans le calme, ce que l’on peut attribuer à la bonne organisation et à la qualité de la communication établie avec les bénéficiaires. Pour l’heure, 7.000 kits supplémentaires sont en préparation pour la distribution.

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Filed under Conflicts and Disasters, Emergencies, Emergencies in Haiti, Haiti, Latin America

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