Poverty and conflict in Central African Republic

(L-R) Fr. Nzapalainga, Bishop Mathos, Bishop Vanbuel

Available in French and Spanish

Central African Republic is one of the world’s poorest countries. Caritas discussed the situation with Bishop Edouard Mathos, President of the Central African Episcopal Conference, his vice-president Bishop Albert Vanbuel, and Fr. Dieudonné Nzapalainga, in charge of Caritas activities there.

Caritas: What are currently the main difficulties in the Central African Republic?

Bishop Mathos: The country has very rich soil and a lot of natural resources. There are forests, water, gold, uranium and diamonds. But people live in poverty with no medical care and their children cannot go to school.

Bishop Vanbuel: The population doesn’t benefit from these resources. A few people take all the profit. There is a lot of corruption. Most people try to survive on agriculture. Malnutrition is very widespread and industrial production hardly exists.

Fr. Nzapalainga: A lot of parents are too poor to send their children to school. They have to make them work in the fields. But you see, a child labourer will remain illiterate and unskilled. It is a potential rebel.

Bishop Vanbuel: There have been coups, rebellions and wars for years. The population suffers. In my diocese Kaga Bandoro, in the North close to the Chad border, there were 10,000 displaced people last year. They had neither food nor water.

Caritas: The fighting continues?

Bishop Vanbuel:
There was a peace agreement between the government and opposition movements in December 2008. Its implementation is difficult though. Even rebels who would like to put down their weapons and reintegrate society often remain armed because we cannot offer them any future, like vocational training.

Then, other rebellious movements have emerged. In my area, more than 1,000 rebels from Chad don’t think about demobilization. There is no real peace. That is why the presidential elections that were to be held in May, have been delayed.

What pushes people to join the rebels. It is because of the poverty that we cannot to live together. And if we can’t solve the problems of poverty, rebellion will always come back.

Caritas: What can be done to trigger a long-lasting improvement ?

Fr. Nzapalainga: As many children as possible need to go to school. That will strengthen tomorrow’s society. And we will have responsible elites that can contribute to the country’s development. Women also need to be empowered. Many women don’t even have a birth certificate and can’t vote. Parents prefer boys. Mentalities need to change so that people understand that women have an important role to play in society and can succeed just like men.

Bishop Vanbuel: Our country is huge. Bigger than France for only four million inhabitants. There is a lot of land available for agriculture. Cassava, nuts, carrots, rice, all sorts of farming are possible. But people need to learn how to grow them. There is hardly any vocational training in the country. In my diocese, three times the size of Belgium, there is nothing.

Bishop Mathos: The value we would like to transmit is that people need to help themselves. They shouldn’t just wait for foreign aid to arrive. They need to get things going together with foreign partners.

Caritas: What kind of projects does Caritas run?

Fr. Nzapalainga:
We work in the fields of health care, education, agriculture and peacebuilding. We support HIV-infected women with income-generating activities and help them fight depression. Aids orphans get their tuition paid so that they can go to school and have a future.

Caritas also supports agricultural projects in poor villages. Villagers often want to change their situation, but are lacking the means to do so. Caritas gives them the necessary seeds and tools. It makes sense because when there is a meal to share and some solidarity, that is already a step towards peace. Caritas also provides nutrition complements for malnourished children to make sure they can fully develop and go to school.

Caritas: Central African Republic receives substantial international aid. What is the impact?

Bishop Mathos: Some NGOs or international institutions arrive in this country with their ideas all set. They will find for example that a certain village needs a school. They will then build it without worrying about who will teach there. The school is then handed over to the villagers but very often, the village doesn’t have the money to maintain it. Some parents don’t even believe in the concept of school. But most foreigners don’t know that work is needed to raise awareness on this. The church tries to get mentalities to evolve and includes this sort of problem in its social work. Institutions like the United Nations, the World Bank and others ask us and Caritas for advice because they know that we are very close to the people and know the conditions very well.


En Centrafrique, la population souffre de la pauvreté et des violences répétées

La République Centrafricaine figure parmi les pays les plus pauvres du monde. Mgr. Edouard Mathos, Président de la Conférence Episcopale de Centrafrique, son Vice-président Mgr. Albert Vanbuel, et Dieudonné Nzapalainga, responsable des activités de Caritas sur place, nous ont expliqué pourquoi leur pays continue d’être ravagé par des rébellions.

Caritas : Actuellement, quels sont les principaux problèmes en Centrafrique ?

Mgr. Mathos :
Le pays est très riche en ressources naturelles et en terre fertile. Il y a beaucoup de forêts, de l’eau, de l’or, de l’uranium et des diamants. Pourtant, les gens vivent pauvrement et n’arrivent pas à se soigner ou à envoyer leurs enfants à l’école.

Mgr. Vanbuel :
La population ne bénéficie pas de ces ressources. Elles ne profitent qu’à quelques personnes. Il y a beaucoup de corruption. La grande majorité de la population essaie de survivre en travaillant dans l’agriculture. Mais le taux de malnutrition est élevé et l’industrie pratiquement inexistante.

P. Nzapalainga :
Beaucoup de parents n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école et sont obligés de les faire travailler dans les champs. Donc vous voyez, un enfant qui travaille, reste dans l’analphabétisme et l’ignorance du monde qui l’entoure, c’est un rebelle potentiel.

Mgr. Vanbuel :
Depuis des années, on connaît des coups d’Etat, des rébellions et des guerres, la population en souffre. Dans mon diocèse Kaga Bandoro, au nord du pays à la frontière avec le Tchad, l’année dernière, il y avait 10 000 personnes déplacées, qui manquaient de nourriture et de médicaments.

Caritas : Les violences continuent ?

Mgr. Vanbuel :
Il y a eu un accord de paix entre le gouvernement et des mouvements d’opposition en décembre 2008. Mais on n’arrive pas encore à l’appliquer. Même les rebelles qui veulent arrêter et s’intégrer dans la société restent souvent armés puisqu’on ne peut pas leur offrir d’avenir, une formation par exemple. A côté, il y a d’autres rébellions qui se sont ajoutées, par exemple chez moi, il y a plus de mille Tchadiens qui ne parlent même pas de démobilisation. Il n’y a pas de vraie paix. C’est pour cela que les élections présidentielles qui devaient avoir lieu en mai ont été reportées. En général, c’est la pauvreté qui pousse les gens à devenir rebelles. Cette pauvreté fait de sorte qu’on n’arrive pas à vivre ensemble. Donc, si on ne peut pas résoudre le problème de la pauvreté, la rébellion reviendra toujours.

Caritas : Qu’est-ce qu’il faudrait faire pour vraiment améliorer la situation de la population ?


P. Nzapalainga :

Aider un maximum d’enfants à aller à l’école. La société de demain en sera renforcée et nous aurons des élites qui pourront aider le pays à se développer. Il faut également renforcer le rôle des femmes. Beaucoup de femmes n’ont même pas d’acte de naissance et ne peuvent pas voter. Les parents préfèrent les garçons. Il doit y avoir un changement de mentalité pour que les gens considèrent qu’une fille doit avoir toute sa place dans la société et qu’elle peut réussir aussi.

Mgr. Vanbuel :

Notre pays est très vaste. Il est plus grand que la France pour seulement quatre millions d’habitants. Il y a des terrains, la possibilité de faire de l’agriculture. Le manioc, les arachides, les carottes, le riz, toutes sortes de cultures sont possibles. Mais les gens doivent réapprendre à travailler. Dans le pays, on ne trouve presque pas de formations professionnelles. Dans mon diocèse, trois fois la taille de la Belgique, il n’y a rien.

Mgr. Mathos :
La valeur que nous voudrions transmettre, c’est que les gens doivent se prendre en charge. Et qu’ils ne restent pas là à attendre seulement l’aide étrangère. C’est à eux de s’y mettre, ensemble avec les partenaires étrangers.

Caritas : Quel type d’actions est-ce que Caritas mène en Centrafrique ?


P. Nzapalainga:

Nous travaillons dans le domaine de la santé, de l’éducation, de l’agriculture et du rapprochement entre communautés. Nous aidons des femmes séropositives par un soutien moral et des activités génératrices de revenus. Nous payons également la scolarité des orphelins du sida pour leur donner un avenir.

Caritas soutient également l’agriculture dans les villages pauvres. Les villageois ont souvent la volonté de changer leur situation, mais le niveau de vie étant tellement faible, ils n’ont pas les moyens de s’en sortir. Caritas les aide par l’achat de matériel et de semences. On sait aussi que, quand il y a un repas à partager, quand il y a de la solidarité, c’est déjà le début de la paix. Caritas donne également des compléments de nourriture aux enfants malnutris, leur permettant ainsi de se développer pleinement et d’aller à l’école.

Caritas : La Centrafrique reçoit par ailleurs de l’aide de différentes ONG et d’organismes internationaux. Comment jugez-vous l’impact de l’aide étrangère ?

Mgr. Mathos :
Certaines ONG et institutions arrivent dans le pays avec beaucoup d’idées préconçues. Ils viennent dire par exemple qu’il manque une école dans tel village. Ils vont la construire mais ne se soucient pas qui va y enseigner. Ensuite, l’école sera remise au village, alors que les villageois n’ont pas les moyens de la maintenir en état. Et puis, la population sur place a souvent d’autres soucis. Il y a des parents qui ne croient même pas à l’école, surtout dans les villages. Mais les étrangers ne voient pas qu’il faut faire un travail de sensibilisation. L’Eglise essaie de faire évoluer les mentalités et d’inclure cet aspect dans son travail social. Des institutions comme les Nations Unies et la Banque mondiale s’adressent souvent à nous et au réseau Caritas parce qu’ils savent qu’on est au plus proche de la population et qu’on connaît bien le territoire.

Le Père Nzapalainga sur les activités de Caritas en Centrafrique. Ecouter
Mgr. Mathos sur les idées préconçues dans certaines ONG étrangères. Ecouter
Mgr. Vanbuel sur les rebelles dans son diocèse. Ecouter

La pobreza y el conflicto en la República Centroafricana

La República Centroafricana es uno de los países más pobres del mundo. Caritas discutió la situación con el Obispo Edouard Mathos, Presidente de la Conferencia Episcopal Centroafricana, su Vicepresidente, el Obispo Albert Vanbuel, y el P. Dieudonné Nzapalainga, encargado local de las actividades de Caritas.

Caritas: ¿Cuáles son las mayores dificultades en la República Centroafricana?

Obispo Mathos: El país tiene terrenos fértiles y cuenta con muchos recursos naturales. Hay bosques, agua, oro, uranio y diamantes. Sin embargo la población vive en la pobreza, sin asistencia médica y ni escuelas para los niños.

Obispo Vanbuel: La población no se beneficia de estos recursos. Poca gente lo hace, porque hay mucha corrupción. La mayoría de la gente intenta sobrevivir con la agricultura. La malnutrición está muy extendida y la producción industrial es prácticamente inexistente.

Fr. Nzapalainga: Muchos padres son demasiado pobres como para poder mandar a sus hijos al colegio. Los tienen que mandar a trabajar en los campos. Pero un niño que trabaja, en futuro será un analfabeto, sin cualificación y un rebelde en potencia.

Obispo Vanbuel: Durante años ha habido golpes de estado, rebeliones y guerras. La población sufre. En mi diócesis norteña, en Kaga Bandoro, cerca de la frontera con Chad, había unos 10.000 desplazados el año pasado, sin comida ni agua.

Caritas: ¿Los enfrentamientos continúan?

Obispo Vanbuel: En diciembre de 2008, se firmó un acuerdo de paz entre el gobierno y los movimientos de la oposición. Sin embargo, su implementación es difícil. Incluso los rebeldes que querían dejar las armas y reintegrarse en la sociedad, con frecuencia, siguen armados porque no podemos ofrecerles un futuro alternativo como, por ejemplo, formación profesional. Mientras, han surgido otros movimientos rebeldes. En mi zona, más de 1.000 rebeldes de Chad no piensan en la desmovilización. No hay paz auténtica. Por ese motivo, las elecciones presidenciales, que tenían que celebrarse en mayo, han sido retrasadas.
Lo que impulsa a la gente a unirse a los rebeldes es la pobreza, porque es un obstáculo para la convivencia. Y si no podemos solucionar el problema de la pobreza, la rebelión seguirá siempre latente.

Caritas: ¿Qué se puede hacer para impulsar mejoras a largo plazo?

P. Nzapalainga:Fomentar la escolarización del mayor número posible de niños. De manera que la sociedad futura sea reforzada y contemos así con élites que puedan ayudar al país, en su desarrollo. También es necesario reforzar el rol de las mujeres. Muchas mujeres no tienen ni certificado de nacimiento y no pueden votar. Los padres prefieren los niños. Es necesario cambiar la mentalidad, para que la gente comprenda que las mujeres desempeñan un rol importante en la sociedad y que pueden tener tanto éxito en la vida como los hombres.

Mons. Vanbuel: Nuestro país es muy grande, su extensión es mayor que la de Francia, pero el número de habitantes es sólo de cuatro millones. Hay abundantes terrenos para el cultivo de tapioca, cacahuetes, zanahorias, arroz, etc. Sin embargo, la población tiene que reanudar el trabajo y aprender a mejorar la agricultura. En el país casi no existe formación profesional. En mi diócesis, tres veces más gran que Francia como extensión, no hay nada.

Mons. Mathos: El valor que queremos transmitir a la gente es la responsabilidad, la autoayuda. Que no se queden sólo a esperar la ayuda extranjera. La población tiene que ponerse a trabajar, junto con los socios extranjeros.

Caritas: ¿Qué tipo de proyecto realiza Caritas en Centroáfrica

P. Nzapalainga:Trabajamos en el área de la salud, la educación, la agricultura y la construcción de paz. Ayudamos a las mujeres seropositivas con apoyo moral y actividades que generen ingresos. Así mismo, financiamos la escolarización de los huérfanos del sida, para darles un futuro. Por otra parte, Caritas sostiene también la agricultura en las aldeas pobres. Con frecuencia, los aldeanos quieren mejorar su situación, pero su nivel de vida es tan precario que no hay medios para salir de la miseria. Caritas les ayuda a comprar aperos y simientes. Porque sabemos que cuando hay comida que compartir y solidaridad, ya estamos en el camino de la paz. Caritas distribuye también complementos de nutrición a niños malnutridos, les permite también desarrollarse plenamente e ir al colegio.

Caritas: Centroáfrica recibe también la ayuda de diferentes ONG y organismos internacionales. ¿Cómo consideran ustedes los efectos de esta ayuda extranjera?

Mons. Matos: Algunas ONG e instituciones llegan al país con muchos prejuicios. Por ejemplo, encontrarán que no hay colegios en algunas aldeas, y construirán uno, pero sin pensar que no hay maestros que trabajen allí. Querrán entregar luego el colegio a los aldeanos, que no tienen con medios para mantenerlo. Además, a menudo, la población tiene otras preocupaciones. Algunos padres si siquiera creen en la necesidad de la escolarización, sobre todo en las aldeas. Pero los extranjeros no se dan cuenta de la necesidad de sensibilizar a la población sobre este tema. La Iglesia intenta cambiar la mentalidad e incluye este aspecto en su trabajo social. A veces, instituciones come la ONU y el Banco Mundial se dirigen a nosotros y la red Caritas, porque saben que nosotros estamos cerca de la población conocemos bien el territorio.

1 Comment

Filed under Africa, Central African Republic, Conflicts and Disasters, Emergencies in Central African Republic, Español, Français, Peacebuilding

One response to “Poverty and conflict in Central African Republic

  1. Yola Magloire

    I appreciate greatly your help in the world.
    My specific request today is for a family of 6
    in Bangui, RCA, Africa

    Thank you

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